///Carnet de voyage

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Tuk time is firstly a narrative, a story, or rather the crossing of several stories. There is Tuktoyaktuk, an Inuvialuit village on the banks of the Beaufort Sea in the Canadian Arctic, and us, Téo and I. Tuk time is our story intertwined to those of the village, from fur trade to oil exploitation, from residential schools to the Northwest passage. These are political, economic, ecological and historical issues that we tried to follow and tie together ; and then these are also our encounters with the people there, along with our day-to-day moments together, as lovers. Between the documentary and the intimacy, light became our red thread. At first ubiquitous, almost intrusive : everything is white but tinted with dozens of shades. Large format photographs tell this extended time, those peered landscapes. Then, light becomes rarer, it tries to find its way through the camera. Medium format photographs darken while being sprinkled with flashes – those are stories told in “us”, interspersed with encounters.

Tuk Time (en cours/in progress)

 

 

Tuk time c’est d’abord un récit, une histoire, ou plutôt le croisement de plusieurs histoires. Il y a Tuktoyaktuk, village inuvialuit sur les berges de la mer de Beaufort dans l’arctique canadien, et nous, Téo et moi. Tuk time c’est notre histoire entremêlée à celles du village, de la traite de la fourrure à l’exploitation pétrolière, des écoles résidentielles au passage du Nord-Ouest. Ce sont des enjeux politiques, économiques, écologiques et historiques dont on a tenté de suivre les fils ; et puis notre rencontre avec celles et ceux que l’on y croise et nos instants quotidiens, à deux, amoureux. Entre le documentaire et l’intime, la lumière devint notre fil rouge. D’abord omniprésente, presque envahissante : tout est blanc mais ce blanc se teinte de dizaines de nuances. Les images à la chambre racontent dans le temps long, dans les paysages scrutés. Ensuite la lumière se fait plus rare, elle tente de se frayer un chemin au travers de l’appareil photo. Les images au moyen-format s’assombrissent tout en étant parsemée d’éclats lumineux - ce sont des récits en «nous», entrecoupés de rencontres.

 

 

 

Tuk Time est un projet collectif en deux volets, mené par Roxane Gabet, graphiste et Teo Becher, photographe. En 2015, nous sommes partis en voyage dans le Grand-Nord canadien. Notre fil rouge fut la lumière, définissant aussi notre approche documentaire. Dans la première partie, la lumière est envahissante, tout est blanc. Les images racontent une histoire d’une façon à la fois contemplative et descriptive. Dans la seconde partie, la lumière se fait plus rare : elle tente de se frayer un chemin au travers de l’appareil photo. Tout est plus sombre et les images relèvent davantage d’une expérience personnelle, anecdotique mais vivante.

 

Nous sommes allés à la rencontre des habitants, avons partagé leur quotidien et nous sommes immergés dans la poésie de la terre. Revenus plein d’images, d’idées et d’impressions, le tout se mêle dans les textes et croquis de Roxane ainsi que dans les photographies de Téo, réunis dans un livre auquel travaillent ardemment nos petites mains.